Samedi 25 juin 2005; les épreuves du bac sont désormais terminées. Tu es confiante.
Il est 9h00 du matin. J'arrive chez toi. C'est les soldes; pour rien au monde tu ne les manquerais. On arrive au centre commercial; tu es heureuse; ça faisait un long moment que je ne t'avais plus vu si épanouie. Je te porte tes vêtements, réserve les cabines, échange les tailles. J'adore faire les magasins avec toi. Tout te va si bien, tu es si jolie. Petite pause déjeuner puis on reprend les boutiques. On croise même ma mère et ma soeur dans l'une d'entre elles.
Fin d'après-midi, nous rentrons avec pleins de paquets sur les sièges arrières.
Je vais à ma réunion d'avant-saison au foot, toi au restaurant avec tes grand-parents.
Tu m'appelles pour me dire de me dépêcher de rentrer parce que tu as mal aux jambes et tu aimerais bien que je m'occupe de toi. Je me dépêche. Tu es déjà couchée. Tu as mal à la tête et aux jambes.
Je te mets le DVD de Shrek 2 en essayant de mettre les passages du chat beauté. Tu l'adore celui-là.
Je te masse délicatement les jambes; tu adores ça. Moi aussi d'ailleurs; tu as une peau si douce. Tu me demande de te prendre dans mes bras. Tu me serres fort et me glisse à l'oreille: "Je t'aime fort toi".
Tu finis par t'endormir. Je me glisse à côté de toi et te serre dans mes bras. Je m'endors à mon tour.
Il est 8h30 le dimanche 26 juin 2005 lorsque le réveil se met à sonner. Il faut que je me lève car j'ai un tournoi de football avec mes amis du club. Tu te retournes en murmurant: "Moi je dors encore".
Je me redresse et là je t'entend respirer une première fois tout fort, puis une deuxième fois, puis une troisième fois. Je me dresse au-dessus de toi; t'appelle. Je pose ma main sur ton coeur, rien; je cherche ton poul, rien non plus. Tu as cessé de respirer, ton coeur a cessé de battre. Tout s'enchaîne. Le médecin arrive, puis les pompiers, puis le SAMU.
S'en suit une longue attente, une attente qui me semblait durer une éternité.
L'infirmière du SAMU sort de ta chambre les larmes aux yeux. Le médecin lui emboîtait le pas. Il s'approcha de ton père et moi. "Cela fait maintenant 45 minutes que nous essayons de la réanimer, mais il n'y a aucun signe de reprise..."
Les derniers petits signes d'espoir en moi volaient en éclats. C'était finis. En l'espace de 10 secondes tu étais partie.
Quelques minutes plus tard j'entrais dans ta chambre. Tu étais couchée sur ton lit, sous les couvertures. Seul ton visage dépassait. On aurait pu te croire seulement endormie. Tu semblais si apaisée. Je te serrais fort dans mes bras et t'embrassais tendrement.
Depuis je ne t'ai plus qu'en photo et dans mes souvenirs.
Tu me manques ma chérie, tu me manques tellement...